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La destruction de la forêt Indonésienne

 

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Déforestation à Kudangan dans le Kalimantan Central
La destruction alarmante des forêts indonésiennes et de leurs hôtes, des milliers d'animaux et de plantes, sont face à un grave danger dû principalement à l'exploitation illégale du bois et à la déforestation en vue d'établir des cultures de palmiers à huile. Ces forêts tropicales sont d'une extrême importance, en seconde position après celles du Brésil et couvrent plus de 1 million de km2 (soit environ 2 fois la superficie de la France). Leur rapide détérioration provoque des pertes incalculables en terme de biodiversité et entraîne des espèces telles que les orangs-outans vers l'extinction.

Les forêts indonésiennes disparaissent à un rythme alarmant


Les forêts indonésiennes représentent environ 10 % de la totalité des forêts tropicales et couvrent plus de 105 millions d'hectares. Selon la Communauté Européenne en 2001, l'Indonésie a perdu plus de 40 millions d'hectares de forêts durant les 30 dernières années, ce qui équivaut à la taille de l'Allemagne et des Pays-Bas réunis. Le taux de déforestation actuel est de 2,5 millions d'hectares par an (soit 25 000 km2, un peu moins que la surface de la Belgique), mais ce taux s'accélère.

Les populations de plantes et d'animaux en forte diminution


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Arbres à contrefort des forêts primaires
L'Indonésie fait partie des 5 pays les plus représentatifs quant à leur biodiversité. 12 % de toutes les espèces de mammifères, 16 % des espèces de reptiles et amphibiens et 17 % de toutes les espèces d'oiseaux. Mais également 33 % des espèces d'insectes, 24 % des espèces de champignons, et 10 % des espèces de plantes les plus hautes. Le Parc National de Tanjung Puting, site du Camp Leakey, héberge plus de 220 espèces d'oiseaux, environ 17 espèces de reptiles et 29 espèces de mammifères.

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Les braconniers abattaient les singes Nasiques (Nasalis larvatus) endémiques de Bornéo,  le long de la rivière Sekonyer vers le Camp Leakey, jusqu'à ce que l'OFI organise des patrouilles de gardes-forestiers dans cette zone

Derrière la Malaisie et les Etats-Unis, l'Indonésie est le 3ème pays le plus touché par la disparition de sa biodiversité avec 772 espèces menacées, mais se situe en 1ère position quant à ses mammifères avec 147 espèces menacées. Une augmentation de 7 espèces depuis les années 2000. Selon un récent article dans la revue de conservation Oryx, 1000 orangs-outans disparaissent chaque année. Sur Bornéo, le nombre doit certainement être revu à la hausse.

L'exploitation illégale du bois : cause principale de la déforestation

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Exploitation illégale de bois
Une étude réalisée en 2000 par le Programme de Gestion des Forêts Tropicales d'Indonésie et du Royaume-Uni a conclu que 73 % de la coupe de bois en Indonésie était illégale. Alors que les rapports officiels du Ministère des Forêts Indonésiens présentent une production de 25 millions de m3 par an, la consommation combinée des industries de bois et de papier est de 74 millions de m3 par an, ce qui signifie que les industries obtiennent entre 1/2 et 2/3 de leurs matières par des voies illégales ou des sources de gestion non durables. La production de bois illégale est annuellement de 51 millions de m3, procurant une perte financière d'environ 3,4 milliards de dollars. La valeur du bois volé dans le Parc National de Tanjung Puting représente à lui seul 8 millions de dollars chaque année.


La demande croissante d'huile de palme augmente la conversion des forêts en terres agricoles

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Plantations de palmiers à huile à perte de vue
La demande mondiale en huile de palme a augmenté de 32 % ces 5 dernières années avec la rapide extension des industries alimentaires (7 % chaque année). De fait, l'huile de palme est l'huile végétale la plus vendue mondialement avec 40 % du marché total des huiles comestibles. L'Indonésie compte pour 31 % de la production mondiale d'huile de palme voire 41 % en 2005. Le but du Gouvernement de Suharto était de créér un total de 5,5 millions d'hectares  de plantations de palmiers à huile pour 2000. En 1999, le chiffre avait atteint 3 millions d'hectares, ce qui représente environ 5 fois la taille de Bali. La soudaine augmentation de l'utilisation de l'huile de palme a mené à la destruction des forêts tropicales d'Indonésie pour créér des plantations en monocultures de palmiers à huile. Des études menées en Malaisie et en Indonésie ont montré qu'entre 80 et 100 % des espèces de la faune résidente des forêts tropicales ne peuvent survivre dans les monocultures de palmiers à huile (Wakker 2000). En 1999, près de 325 000 hectares de forêts étaient convertis en huile de palme. La demande globale risque d'augmenter de 50 % dans les 5 prochaines années, principalement parce que les profits tirés de l'huile de palme sont assurés par un travail agricole bon marché, des terres à bas prix, un manque réel de contrôles environnementaux, une disponibilité et un support financiers aisés et un cycle court de croissance.

Les demandes croissantes de production de papier conduisent à plus d'exploitation forestière


Environ 40 % du bois utilisé par les producteurs de pulpe entre 1995 et 1999 provenaient de sources illégales. L'expansion massive de production de contre-plaqué, pulpe et papier dans les 20 dernières années a mené la demande pour la fibre de bois a excéder l'approvisionnement légal de 34 à 40 millions de m3. Les sous secteurs de la pulpe et du papier ont augmenté de près de 700 % depuis 1987.

Les compagnies forestières et les plantations brûlent des forêts pour éclaircir les terrains


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Terres détruites, brûlées dans le Parc National de Gunung Leuser en 1995
Environ 9 millions d'hectares de terres détruits par les feux de 1997-1998 en Indonésie ont été largement provoqués par les compagnies forestières et les plantations de palmiers à huile pour éclaircir les terrains. D'après la société Remote Sensing Solutions GMBH, les 0,80 à 2,57 milliards de tonnes de carbone relâchés dans l'atmosphère durant les feux a été l'évènement mesuré le plus important, correspondant de 13 à 40 % de la production annuelle totale de combustion d'huiles fossiles tels que pétrole, charbon ou gaz. L'estimation des conséquences financières de ces feux furent de plus de 3 milliards de dollars de pertes en agriculture, exploitation forestière et non forestière, ainsi qu'en terme de services à la conservation, et de bénéfices dûs à la biodiversité. Le dégagement de fumées durant ces feux a ajouté 1,4 milliards de dollars de pertes pour traitements médicaux et revenus touristique perdus.

Sources : OFI usa 


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